"Roman policier" d'Imre Kertész

Publié le par Orhan Laxness

RomanPolicierComme dans "Liquidation", les personnages de ce "Roman policier" évoluent dans une atmosphère lourde où dominent la violence et la peur. Il n'est plus question d'un écrivain torturé par un mal existentiel  mais de policiers tortionnaires au service d'un Etat dictatorial pourchassant de supposés opposants au régime qu'ils servent. Les faits ne se déroulent pas en Hongrie cette fois mais dans un pays non-identifié d'Amérique du sud, subterfuge qui malgré sa simplicité permit à l'auteur de voir son ouvrage édité en son propre pays alors sous la coupe du système communiste pourtant.

Ce "Roman policier" est en fait les confessions, rédigées en prison, d'un agent des forces de l'ordre sur le point d'être jugé pour son implication dans l'assassinat de personnes accusées à tort de vouloir perpétrer un attentat contre le chef de l'Etat. Il décrit le service dans lequel il travaillait au cours de cette affaire, ses deux collègues auprès desquels il n'était qu'un "bleu",  leurs méthodes violentes et prévisibles et le déroulement de l'enquête qui au final le conduira devant un tribunal de justice.

Outre bien entendu le fait que les victimes de cette barbarie policière, un père et son fils, soient innocentes des crimes qui leur sont reprochés, le plus horrible dans cette histoire c'est que ces individus sacrifiés pour rien le sont suite au subterfuge inventé par l'un d'entre eux pour protéger l'autre des risques qu'il aurait encourus s'il avait suivi ses vélléités de lutter contre l'oppression politique sévissant en son pays. Comme quoi l'enfer peut effectivement être pavé de bonnes intentions d'autant plus que le chemin y conduisant est toujours sous la garde de sinistres bourreaux salariés.

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