"Le dîner de trop" d'Ismail Kadaré

Publié le par Orhan Laxness

DinerDeTropLors de la seconde guerre mondiale, une colonne de blindés de l'armée allemande quitte définitivement le territoire grec et pénètre en Albanie. A Gyirokastër, alors que des tracts affirmant les intentions pacifiques des troupes allemandes ont été diffusés préalablement  auprès de la population, le convoi est la cible dune embuscade tendue par l'on ne sait qui. Un chirurgien réputé de Gjirokastër invite alors à dîner le colonel allemand, qu'il  a très bien connu des années auparavant alors qu'il poursuivait ses études de médecine à l'Université de Munich, afin d'essayer de le convaincre de libérer les otages capturés, décision qu'il parvient à obtenir. Des années plus tard, alors que l'Albanie est sous la coupe du parti communiste et que Staline dans son dernier accès de paranoïa orchestre le complot des Blouses Blanches, ce dîner fait l'objet d'une enquête conduite par deux sbires albanais, formés à l'institut Dzerjinski de sinistre mémoire à Moscou  et qui n'hésiteront pas à torturer à mort le chirurgien victime de leurs investigations.

Cette triste histoire est l'occasion pour l'auteur de souligner  qu'en dépit des différences de nature chronologique, idéologique ou culturelle pouvant les distinguer, tous les régimes dictatoriaux, que ces monstres politiques aux manières perverses soient Ottoman, Nazi ou Communiste par exemple, s'appuient sur l'exercice de la violence  physique à l'encontre de leurs propres sujets, violence perpétrée par une clique servile de fonctionnaires que leurs histoires personnelles semblent conduire à considérer comme justes les exactions qu'ils commettent sans rechigner.


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