"La peau froide" d'Albert Sanchez Pinol
Un jeune irlandais, marqué par les déceptions nées de son activisme politique, débarque, à une date imprécise, sur une minuscule île de l'Atlantique Sud pour un séjour d'un an en tant que climatologue. En ce lieu vit un autre homme, le gardien de phare. Dès la première nuit, des monstres bleus à silhouette humaine et à peau froide sortent de l'océan et attaquent. S'ensuit une lutte à mort conduite du haut du phare entre les deux hommes profondément dissemblables mais unis par la force de leur cauchemar commun et les "faces de crapauds" qui viennent régulièrement de nuit assaillir leur forteresse. Un monstre femelle vit auprès des deux hommes, comme servante et partenaire sexuelle.A l'évolution chaotique des relations entre les deux hommes, scellées dans le sang bleu de leur ennemi commun et dans le sexe délicieusement froid de leur maîtresse, répond l'évolution des rapports entre monstres et humains nouée, elle, dans une rencontre pacifique et heureuse survenue lors d'une plongée entre les enfants des monstres et l'un des deux hommes parti à la recherche de batons de dynamite perdus dans les cales d'une épave.
La situation improbable que dépeint ce roman semble constituer comme un laboratoire d'expérimentation sociale virtuel et ludique où l'anthropologue qu'est l'auteur prend pour objet d'étude les modalités d'acceptation de l'Autre et de relation avec l'Autre. Et parmi les hypothèses débattues concernant la nature de ces modalités, la peur et le sexe semblent des vecteurs essentiels.
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