"Poste restante Beyrouth" de Hanan el-Cheikh
Une femme, Asmahan, vivant dans le Liban en guerre se raconte en une correspondance fictive composée de quelques lettres adressées à ses proches tels sa grand-mère, Beyrouth, Madame la guerre ou bien encore Billie Holiday. Au fil de la plume, cette femme interroge son existence en retraçant certaines amitiés dont les liens ont éte dénoués par la guerre, en revenant sur des amours perdus ou bien encore en dressant le portrait de membres de sa famille.Cette activité épistolaire entamée à Beyrouth en proie à la violence se poursuit dans un village de la plaine de la Bekaa où Asmahan a ses racines familiales et où les cultures du haschisch et du pavot prolifèrent dans le fumier de la guerre. Là, une histoire d'amour, à l'émouvante et cruelle voire absurde conclusion, éclot entre cette femme et un homme, écrivain libanais de renom émigré en France de retour temporairement en son pays d'origine.
Ce portrait de femme écrit de main de femme est tout en douceur, sensualité, pudeur et honnêteté. Mais, c'est bien pourtant le portrait d'une femme désappointée, perdue, malade de la guerre qui est donné à voir, celui d'une femme qui a l'impression de n'avoir pas su s'enrichir du passé pour savoir vivre le présent et construire l'avenir, celui d'une femme qui a un violent sentiment d'échec ancré en elle. Ce "Poste restante Beyrouth" sonne comme un blues qui pourrait très bien figuré au registre de cette autre femme violentée par la vie que fut Billie Holiday.
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